INSTITUT DE LA FAMILLE

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J.P. Gaillard : Institutions et violence 10 mai 2001

Résumé et notes de participants à l'atelier tenu le 29.05.2001 à l'Institut de la Famille Genève (www.institutdelafamillegeneve.org)

 

Jean-Paul Gaillard a une formation de psychanalyste et de thérapeute de famille, il est enseignant, chercheur à l'université de Savoie, etc.

Le sujet du séminaire porte sur les violences quotidiennes

Exemple de violences physiques perverses : dans un pavillon accueillant des adultes souffrant d'autisme, il a été découvert que l'équipe adulte avait des pratiques violentes et perverses. Certains facteurs de risques étaient présents, entre autres : depuis dix ans l’équipe était totalement isolée, elle n'avait aucun apport provenant de l'extérieur.

La violence peut être également le fait de bons professionnels !

I. PREREQUIS

A. LE SYSTEME

Une institution est un système.

Qui ne peut pas s'analyser elle-même.

L’aspect hiérarchique s’oppose à un mode de fonctionnement systémique d'une institution (généralement elle entrave l’efficacité de rétroaction provenant de la base).

Elle a son propre système de frontières.

Elle a des modes d'interactions qui lui sont particulières.

Elle est constituée d'un ensemble de sous-systèmes.

Il est important d'évaluer l'importance du niveau organisationnelle (invariants) par rapport à ce qui se modifie en permanence.

Une famille n'est pas toujours un système : une famille avec de grands enfants sera généralement un aggloméra de systèmes qui ne pourra être considérée un système unique

Watzlawick : pourquoi toujours déranger tous les membres de la famille alors qu'en travaillant sur les personnes clés toute la famille sera transformée. Cette approche est valable si les membres du système sont bien reliés. Lorsque, dans un circuit systémique, chaque élément est intégré et qu'il interagit avec la totalité, les dichotomies organiques et psychiques perdent toutes significations.

 

Par exemple, les notions de conscient et d'inconscient sont peu utilisables pour des groupes d’individus :

Chercher à définir l’inconscient d’un groupe amène la question du type d’inconscient auquel il faut se référer : Cognitif ? Autre ?

Objets ou structures émergents inters psychiques sont des concepts tirés du modèle autopoïtique.

Exemple : dans l’approche de l'anorexie mentale, la psychanalyse, la systémique, les ethnologues ont tous un discours différent, toutes ces théories sont fondées sur des bases solides

Le choix du modèle devra donc être décidé en fonction de celui qui est le plus pertinent en regard du contexte dans lequel il est inséré

Concept de sous-systèmes :

Il y a des institutions qui fonctionnent comme un circuit systémique intégré ; d'autres institutions fonctionnent comme des agrégats mal reliés, dont la modification d'un sous-système n'aura pas de répercussion sur les autres sous-systèmes.

Autre exemple de fonctionnement entre des sous-systèmes : dans cette institution tout le monde est malheureux, mais dans ce secteur ils sont heureux ce n'est pas normal, il faut les ramener à être comme tous les autres malheureux

Certaines institutions sont non prédictibles, celles qui ne fonctionnent plus comme des systèmes vivants deviennent prévisibles (elles fonctionnent comme une machine).

L’étude des règles régissant des grandes institutions nécessite de s’intéresser au type de couplage existant entre les sous-systèmes

b. Concept d'identité

A l'origine, ce type de concept était psychanalytique, la systémique s'en est emparé en l'abordant sous un angle très opératoire.

Sentiments d'appartenances

Ressemblance (groupes)

Différence

Individualité

Co-construction

Individu ? groupe ?

Jusqu'où l'identité individuelle persiste dans le groupe ?

 

Modèle réductionniste

La notion du moi est définie au travers d'un modèle réductionniste,

Base du modèle réductionniste :

Quand je suis devant un objet, je le dissocie en autant d'élément que je le puis (l’élément ainsi défini s’appelle une unité)

Modèle de la complexité

Les modèles dit de la complexité semblent avoir pris pas sur les modèles réductionniste. Le modèle systémique appartient aux modèles de la complexité.

Identité

Ce qui défini mon ou mes identités, ce sont mes appartenances et non moi-même !

Imaginer une autodétermination identitaire peut paraître très présomptueux.

La formation de l'identité nécessite un taux suffisant de reconnaissance de la part du groupe dans lequel l'individu est inséré. Cette reconnaissance nécessite de respecter un certain nombre de rituels.

 

Appartenancogramme  (R. Neuburger) :

Règle du jeu : Sur une feuille blanche, il faut représenter chacune de ses identité ou appartenances à un groupe ou fonction par un rond dont la taille est fonction de l'importance de cette appartenance. Les divers ronds vont plus ou moins se recouper en fonction de l'importance du lien entre ces différentes identités.

Les plages communes sont appelées les espaces de liberté ou d’intersection. A l'intérieure d'une identité, nous ne disposons d'aucune liberté car si nous ne nous conformons pas à la règle du groupe celui-ci nous en éjecte.

Exemple

Si je suis un éducateur, je dois parler comme un éducateur, m'habiller comme un éducateur... mais si je dispose d'un espace d'intersection, je peux choisir l'identité par laquelle je désire répondre; je n'aurai pas le même discours selon l’identité que j’aurai choisie.

Exemple 1 S'il s’agit de l’intersection entre l’identité d’homme et d’éducateur, je pourrai répondre soit en tant qu'homme, soit en tant qu’éducateur.

Exemple 2 Si un couple a le même travail, dans le même lieu, l'espace de liberté risque d'être réduit car il y a fusion entre les identités de couple, de travail et de lieu !

Dans une relation fusionnelle, il n'y a pas d'espace de liberté. Dans la prime enfance, cet espace fusionnel est utile; il permet à la mère d'interagir de manière automatique au comportement du nourrisson (le nourrir, le bercer, etc.)

La richesse des identités apporte la richesse de liberté nous permettant de vivre.

Exemple :

Dans une institution, pour une équipe infirmière, s’il s’agit d’un grand hôpital les couleurs des blouses dépendent de la fonction du personnel de l’institution. Dans les plus petits hôpitaux, les badges ne différentient pas les fonctions, d'où les rôles du personnel soignant en sont moins différentiés et les types de relations entre les membres de chaque institution en seront différents,

Par exemple, il pourrait y avoir trois cafetières dans le premier cas, soit une pour les chefs, une pour... et une pour... Et dans le deuxième cas une seule cafetière commune pour tout le personnel.

 

C. NORME ET MYTHE

Histoire tragique dans une institution

Tâche demandée effectuer l'analyse de la pratique des intervenants.

Dans une des équipes éducatives, l'ancien directeur avait embauché un infirmier psychiatrique éducateur. Celui-ci se faisait dénigrer constamment par ses collègues. (oh mais t'as vu, ta chemise, comme tu es fringué, etc.). Il a été licencié.

Mise en évidence des bergers normique

Dès qu'un membre s'éloigne du rituel identitaire qui lui est attribué, il reçoit une petite claque d'un des membres. Il y a alors un risque qu'il pense que les autres membres ne l'ont pas bien compris et qu'il fasse alors plus de la même chose.

Dans cette situation de stress aigu, il y a une perte de sa capacité cognitive.

Ceux qui ont toujours été boucs émissaires sont souvent des enfants dont les rituels familiaux étaient très différents des autres enfants.

Norme :

Définition : c’est l’ensemble des codes le plus souvent écrits qui nous sont imposés de l'extérieur et auxquels on doit se soumettre.

Exemple : code de la route, respect de la signalisation.

Parfois ce qui est norme pour l'un est mythe pour l'autre

Mythe :

Définition : c'est l'ensemble des codes, rarement écrits, adoptés par les individus qui y adhèrent

Exemple pour un gendarme le code de la route est un mythe, alors que pour de nombreux automobilistes c'est une norme à laquelle l'individu cherche à déroger

Relation entre norme et mythe au sein des équipes soignantes et équipes éducatives

Chaque équipe génère un mythe auquel elle adhère (le mythe émerge du groupe). Si le mythe émerge uniquement du leader ("napoléonien"), il est alors souvent la norme des autres membres de l'équipe (soumission dont ils chercheront à s'échapper). Il se développera probablement une coalition dans le groupe pour se débarrasser du leader. L'équipe deviendra dysfonctionnelle dans le sens qu'elle va passer la majorité de son temps à combattre le mythe à la place de se consacrer à son travail

Règlement des supérieurs hiérarchiques

Soit le mythe est intégré au niveau normique. Cela se caractérise par l'apparition du berger normique, c'est le légaliste de l'équipe. Exemple : Attention, "ce que vous dites est très sympa, mais le règlement dit etc." A l'autre bout, il y a le berger mythique "on ne peut pas travailler dans ces conditions etc."

Toute tentative d'instruction se heurte à une contre violence qui montre que pour l'être humain il est hors de question d'être instruit de l'extérieur (réponse à la position napoléonnienne).

Le modèle instructionniste est dysfonctionnel, car les participants utilisent leur énergie pour se rebeller.

Si le meneur a un charisme important, les membres sont en demande d'aide, en attente du sauveur; les membres vont s'identifier au désir du groupe et adhérer au mythe du leader.

Exemple

"Notre équipe est le fer de lance de l'établissement (l'équipe se donne à cette mission de renouvellement de l'établissement". Une autre partie se définit comme "nous sommes le pôle stable de l'établissement"; ou encore le mythe "poubelle de l'établissement", l'équipe ne cherche pourtant pas à y remédier.

Autre mythe : ceux qui sont capables de s'occuper du pire et qui se plaignent de cet état de fait, mais se fâchent si les choses changent.

Structure émergente de cet accordage provient un mythe :

exemple : désignation depuis l'ensemble des pavillons psychiatrique d'un pavillon qui sera désigné pour recevoir les individus les plus difficiles à supporter. Ceux-ci devront y rester toute leur vie et y sont envoyés sous le prétexte que des patients aussi difficiles empêchent la mise en place d'un travail de qualité avec les autres patients. Dans un tel pavillon, défini depuis l'extérieur, il ne peut plus se constituer de mythe. Il n'y a plus d'espace de liberté. Les soignants indésirables y seront envoyés en punition et tous les autres membres de l'établissement prendront soins à éviter la fréquentation de cette partie de l'établissement car cela les amènerait à être discrédités au sein même de l'établissement. Il s'agit d'une situation hautement explosive, dont personne n'acceptera d'assumer la dérive.

 

II. DANS L'INSTITUTION : QUELLE VIOLENCE ?

A. Les patients établissent-ils un mythe ? Ont-ils le droit d'en avoir un ?

Généralement ils n'ont pas le droit de disposer d'un espace mythique. Exemple : le chronométrage du temps de l'équipe soignante à disposition des patients a montré que le personnel passait moins d'une minute et demi consécutive à parler avec le patient, (Cf aussi les travaux de Gofmann). Face au patient, il existe deux sortes de structures rituel : le rituel d'accueil (qui laisse un espace vacant dans lequel le patient peut se constituer son mythe) et le rituel d'inclusion (qui dépouille le patient de son identité). Le personnel essaye de leur inculquer une nouvelle identité. Cette identité imposée est uniquement normique. C'est une forme de violence extrême.

L'identité peut être considérée comme un organe psychique avec sa fonction car si elle est totalement supprimée alors la personne en meure (Cf. Cl Levi-Strauss : l'intégrité physiologique d'un homme ne résiste pas à la destruction de son identité sociale). Si on leur en laisse le temps, tous les patient sont prêts à se défaire d'une partie de leurs rituels. Les rituels d'accueils sont rares (ils existent au château ... Clinique de la Borde). Remarque des ethnologues : Il suffit que le chaman supprime l'identité d'un individu pour qu'il meure. Autre exemple issu d'un roman où le Colonel Chabert qui a été laissé pour mort sur le champ de bataille. Quand il revient sa succession est faite (identité de mort), il a perdu son identité de vivant.

On parle d'efficacité symbolique du langage lorsque les mots prononcés par une personne ont un effet à la fois sur le psychisme et sur la physiologie des personnes concernées.

Les mythes peuvent être générateurs de psychose par l'altération dont ils sont porteurs.

Mythe de survie

Il s'agit de mythes pauvres où les individus savent comment survivre en situation difficile.

Le patient sera très vite dépouillé de son envie d'aller mieux, on lui expliquera que ce n'est pas lui qui sait comment faire pour aller mieux mais l'équipe soignante.

Les patients sortent souvent guéris mais mécontents.

B. Hypothèse sur les miracles furtifs :

Que faut-il mettre en œuvre pour que quelque chose change. Les miracles furtifs sont de brefs instants inattendus où le patient se met inhabituellement à bien fonctionner.

Exemple :

Mes trois autistes là, je vais les emmener dans un bon restaurant. Plus ils s'approchent du restaurant plus il se sent complètement cinglé. En arrivant dans le restaurant, il n'est plus éducateur, mais tremblant d'appréhension. Les autistes se comportent normalement dans le restaurant. A la sortie l'éducateur pousse un soupir et les autistes retrouvent leur comportement autistique. Les patients ont pris momentanément en charge leur quotidien. Question qu'est-ce qu'on a cessé de leur prendre ? A partir des observations qu’a amenée cette interrogation et des travaux de Gofmann ou Haley sur la définition de la relation (on ne peut pas faire autrement que de se définir mutuellement), M. Gaillard a découvert une pratique "multi" quotidienne qu’il a nommé les petites claques sur la tête. Celle-ci consiste à définir l'autre de telle sorte qu'il va rester englué dans l'identité qui lui a été attribuée.

C. La relation de Haley : définition

JE

DIS QUELQUE CHOSE

A VOUS

ICI ET MAINTENANT

Qu'est-ce qui fait que ces événements soient vécus comme des petites claques sur la tête ? Pour l'autiste, il peut être difficile d'être quotidiennement validé comme autiste (par le jeu normique).

Autres exemples : Moi soignant toi schizophrène. Moi éducateur toi débile.

Ou encore :

Un boulanger définit un patient (qui avait un comportement schizophrénique) comme apprenti boulanger et non en tant que patient. Celui-ci s’est mis à fonctionner normalement comme apprenti avec ce boulanger. Dès qu’il revint dans son institution il se remit à dysfonctionner.

 

Ainsi ce qui peut aider le patient, c'est de rentrer dans des situations pour de vrai, symétrique et complémentaire.

D'où l'hypothèse suivante : si la personne a eu suffisamment de temps pour restaurer un mythe, elle replongera moins vite dans son dysfonctionnement en présences des petites claques sur la tête.

 

Difficulté comment peut-on évaluer la solidité de la construction de mythe ?

S’il n'a pas un métier dont il est assuré etc., il n'est pas réaliste de lui donner une pleine autonomie !

D. Logique de crise face à un patient violent

Exemple : Violence, brimade, par définition de tout ce qu'il faut faire face à ce patient (ce procédé mène à une abolition de toute possibilité de mythe appartenant au patient, cette absence de mythe crée une situation hautement explosive !) Pour protéger les autres membres de l’institution face au comportement violent de ce patient, l’équipe le sanglait la majorité du temps. M. Gaillard a interrogé l'équipe sur ce que chacun ressentirait : "Lorsque que l'on vous sangle, vous avez envie de quoi ?" La réponse fut immédiate et unanime : "je cogne" Le patient a été retiré de cette institution et placé dans un hôpital de force. Quand il est revenu de l’hôpital carcéral, l'équipe s'est excusée auprès de lui et a changé son type de réponse envers son comportement. Dès qu’il commençait à s'énerver, elle lui répondait : "vous avez peut-être raison de vous énerver, est-ce que vous seriez d'accord d'aller dans votre chambre vous calmer". L'équipe lui a également demandé ses désirs et son avis. Depuis, il n'a plus jamais cherché à taper un intervenant. Il lui restera un certain nombre d'invariant, dont une composante psychopathique, probablement capacité insuffisante à symboliser.

L'avantage des hôpitaux de force est que tout est clairement défini. D'être défini comme criminel est souvent plus acceptable que d'être défini comme fou. Le système est à la fois plus contraignant mais offre paradoxalement un plus grand espace de liberté (psychique).

Intérêt d'analyser les violences comme structure émergente

Exemple : Un patient a été mis en cellule depuis 15 jours, le chef de service n'avait pas voulu contrer son collègue. Il y était incarcéré en l'attente d'un hôpital de force. Quinze jours plus tard, il était toujours en cellule et commençait à dysfonctionnner. Ce n'était pas un violent, mais il ne supportait pas les contraintes autoritaires. Un jeune infirmier a voulu le faire plier plusieurs fois. La troisième fois le patient lui a sauté dessus pour lui montrer son désaccord, sans que son comportement puisse être considéré comme réellement dangereux. L'hôpital de force l'a refusé, il était en train de devenir violent suite à cette réaction maximale hyper toxique.

Lors de crises de violence, la question que se pose M. Gaillard est :

Qu'est-ce que nous avons fait pour faire flamber ce délire ?

Exemple : L'équipe se mit à épier la relation entre une soignante et un schizophrène. Celui-ci réagit en frappant la soignante.

Autres exemples de violence : L’intérêt d’un soignant (par exemple un étudiant) porté au patient. Son attitude est de chercher à comprendre l’anormalité du patient. Cette attitude le fera probablement décompenser.

Le plus délirant des patients a des espaces normaux, d’où l’intérêt de s'adresser au patient en tant qu'homme plutôt qu’en tant que patient.

Si position soignant-malade est rigide, elle devient dangereuse car toute tentative de production mythique du soigné est alors fermement combattue. Pour y remédier, il suffit de rétablir un espace conversationnel ou la position de soignant n'est plus univoque.

Pour les autistes l'espace conversationnel pourrait être remplacé par la mise en place d'un espace viable.

Par exemple recherche d’un changement amenant à une diminution des stimuli anxiogènes qui engendrera un univers plus contrôlable.

Exemples de recherche de conditions de viabilité permettant à l’autiste de gagner suffisamment de sécurité pour entrer en relation.

Un changement de position spatiale du siège de l’autiste où plus personne ne peut passer derrière lui peut parfois faire disparaître une insécurité. Quand est-ce qu'il se déstabilise et quand est-ce qu’il est tranquille ? Par exemple, quel est l’effet du type de lumière, de couleur et du bruit, en promouvoir les couleurs, les lumières et les espace sonores les moins anxiogènes.

Essai de médication à basse posologie.

M. Gaillard évoque les livres de Temple Grandin : "Ma vie d'autiste" et "Pensée en image". L'auteur, ingénieur en technique de contention, dit ne rien comprendre à l'humain mais saisit les réactions des vaches.

Si l’autiste trouve lui-même son propre moyen d’auto-contention, il gagne un moyen efficace de se sécuriser. Ca marche. Toutefois, si un moyen de contention est proposé par une personne externe, il sera inutilisable pour sécuriser un autiste. On laissera donc à la disposition de l’autiste des éléments que l’on suppose qu’il pourrait utiliser à fin d’auto-contention.

Mythe antipsychiatrique : on va réparer tous les méfaits de la société et, pour cela, il suffira d'ouvrir la porte.

 

III. En conclusion : Quel Mythe de l'équipe

Le relationnel comme proposition. Cela pourrait se concevoir ainsi : Je dis quelque chose à vous ici et maintenant; nous sommes deux personnes à échanger. Il y aurait plus de symétrie dans la relation. Le miracle furtif a probablement lieu lorsque le professionnel se met dans une position inopérante. Mais dès qu'on rentre dans le relationnel avec quelqu'un, on devient un problème pour lui et il devient un problème pour nous (conception se référant de Robert Neuburger). Le relationnel est essentiellement régi par l'émotionnel. Il paraît nécessaire que l'espace relationnel soit encadré par un espace normique.

 

Quelles sont les violences incontournables,

Aucun espace laissé

les violences nécessaires

Accroche normique suffisante

les violences superflues

Les petites claques sur la tête

 

 

Il paraît indispensable d'évaluer ce qui relève de la norme et ce qui relève du mythe.

 

Un univers où tout est normé est un univers stéril. Le normique exclu les modes de régulations informelles.

Exemples 1

Dans une ville, la population a pris la décision que le lendemain tous se conformeraient, sans écart, aux règles de circulations. Le lendemain, la décision a été respectée, on a vu se former d'énormes embouteillages inhabituels.

Exemple 2

Un directeur totalement autoritaire amènera par son attitude un dysfonctionnement, dans cet établissement tout le système de gestion administratif deviendra engorgé.

 

Un système vivant totalement géré par l'informel est un système fou ou délinquant

Exemples : Certaines sectes, qui ont des tels dysfonctionnements

Réf. utiles :

J.-P. Gaillard

Articles

bullet1998, "Un processus invariable pour la thérapie familiale de l'anorexie mentale: évaluation après dix années de mise en pratique", in revue internationale Thérapie familiale. Vol. XIX no 1. Editions Médecine et Hygiène. Genève.
bullet1998, "L'apport de la thérapie familiale en médecine générale systémique: sur le phénomène de croyance comme organisateur des processus de chronicisation. Etat d'une recherche." In revue internationale Thérapie familiale. Vol XIX no 2. Ed. Médecine et Hygiène. Genève.
bullet1998, "Théories et pratiques de l'apprentissage : sur l'enaction." In revue ANAE (Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l'Enfant), Paris.
bullet1999, "Institution et violence : une lecture systémique." In revue internationale de Thérapie familiale. Vol. XX no 4. Ed. Médecine et Hygiène. Genève

Livre

bullet2000, "L'éducateur spécialisé, l'enfant handicapé et sa famille." ESF éditeur, Paris.

Jay Haley

bulletChanging Families: A Family Therapy Reader. (Ed.)(1971).New York: Grune Stratton
bulletProblem-Solving Therapy. (1991). San Francisco: Jossey-Bass Publishers

Robert Neuburger

bulletNouveaux couples. Ed. Odile Jacob. 1997

Erving Gofman

bulletLa mise en scène de la vie quotidienne. 2. Les relations en public. Paris; Ed. de Minuit, 1973
bulletAsiles. Paris, Ed. de Minuit, 1968

Claude Levi-Strauss

bulletLes structures élémentaires de la parenté. Paris; La Haye : Mouton et Co, 1981
bulletLa pensée sauvage. Paris : Plon, 1983

* Le présent texte ne doit pas être considéré comme un écrit de M. J.-P. Gaillard et n'engage pas ce dernier.

 

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