INSTITUT DE LA FAMILLE

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FAMILLES  EN  THERAPIE

 

(Salvador Minuchin, Haward University, 1974)

 

 

Approche théorique, chapitres 1,2 et 3

 

 

PRINCIPES DE BASE DE LA THERAPIE FAMILIALE STRUCTURALE :

 

1)  Les Patterns transactionnels

    

Le groupe familial est structuré en sous-groupes définis par leurs relations réciproques, chaque individu pouvant faire partie de plusieurs sous-groupes.

-         Groupes “naturels” : parents, époux, grands adolescents,…

-         Coalitions “accidentelles” : mère + fils cadet, grand-mère + fille aînée,…

 

Les relations sont définies par les séquences répétitives d’échanges verbaux et non verbaux qui se forgent dans le cours de la vie quotidienne.

Ces séquences règlent la plupart des échanges affectifs, cognitifs et comportementaux.

 

 

2)  La position directive du thérapeute

 

Le thérapeute considère que sa responsabilité de promouvoir un changement dans les relations est engagée dès lors qu’un contrat de traitement a été défini.

Seul un leader, le thérapeute, peut provoquer la mise en jeu des patterns transactionnels.

Il conduit les membres de la famille à jouer ici et maintenant les alternatives dont ils sont capables.

“Une famille change non pas parce qu’on a interprété verbalement ses conflits mais parce qu’elle a fait l’expérience d’une alternative possible”.

 

 

3)  Les stades de l’évolution de l’adulte et de la famille

 

Les changements de milieu sont de la plus haute importance pendant l’âge adulte, et la nécessité de changement chez l’individu est donc aussi impérative après l’adolescence

qu’avant.

On distingue 5 à 6 phases de durée variable, ponctuées par des périodes plus brèves de crise.

 

 

LE LIEU DE LA PATHOLOGIE, 3 axiomes

 

a)      La vie psychologique d’un individu n’est pas entièrement un processus interne.

L’individu influence son contexte et est influençé par lui.

b)      Les changements dans une structure familiale contribuent à des changements dans le

comportement  et les processus psychiques internes des membres de ce système.

c)      Quand un thérapeute travaille avec une famille, son propre environnement devient

      partie du contexte. Thérapeute et famille s’affilient pour former un nouveau système,

     “un système thérapeutique”, et ce système régit alors le comportement de ses membres.

 

CHAMP D’ACTION DU THERAPEUTE

 

La thérapie familiale structurale est une thérapie d’action.

La technique instrumentale consiste à modifier le présent et non à explorer et à interpréter le passé.

La cible de l’intervention dans le présent est le système familial. Le thérapeute s’affilie au système et s’utilise alors lui-même pour le transformer. En changeant la position des membres du système, il change leurs expériences subjectives.

Le thérapeute s’appuie sur 3 propriétés du système familial:

 

a)      une transformation de sa structure provoquera au moins une possibilité de changement  ultérieur.

b)      le système familial s’organise du soutien, de la régulation, de l’éducation et de la socialisation de ses membres.

c)      Le système familial a des propriétés d’autoperpétuation; une fois le changement effectué, la famille préservera ce changement en fournissant une matrice différente et en modifiant les feed-back qui confirment ou infirment le vécu des membres de la famille.

 

 

PHASES DU DEVELOPPEMENT DE LA FAMILLE

 

La famille est une unité sociale qui fait face à une série de tâches de développement:

 

1)      Le jeune couple doit faire une adaptation mutuelle (heure de coucher et de lever, fenêtre ouverte ou pas, partage brosse à dent, qui débarrasse la table, quand et comment avoir des relations sexuelles,…)

2)      Il doit se séparer de sa famille d’origine (physiquement et psychiquement), et négocier avec celle-ci des relations différentes.

3)      Il doit réorganiser les rencontres avec le monde extra-familial: travail, obligations, loisirs.

4)      A la naissance du premier enfant, les fonctions des conjoints doivent se différencier pour répondre aux demandes de soins et de nourriture du bébé. L’engagement physique et affectif à l’égard de l’enfant fait que le sous-système conjugal doit aussi former un sous-système parental. Un nouvel ensemble de sous-système apparaît, les parents et les enfants ayant des fonctions différentes.

5)      Les enfants deviennent grands, puis adultes. Les parents deviennent grand-parents, et réapparaît l’unité originelle mari-femme.

 

La famille doit sans cesse répondre à la remise en question posée par les changements externes et internes, tout en maintenant sa continuité. Elle doit soutenir et encourager la croissance de tous ses membres pendant qu’ils s’adaptent à une société en transition.

  

 

UN MODELE FAMILIAL

 

L’homme doit vivre en groupe pour survivre.

Besoin essentiel du jeune enfant: personnage maternel pour nourrir, protéger, éduquer.

Fonctions de la famille :  a)  protection psycho-sociale de ses membres.

                                         b) ajustement à une culture et transmission de cette culture.

 

La famille constitue la matrice de l’identité : elle développe le sentiment d’appartenance

Et le sentiment d’être séparé.

La famille changera tout comme la société. C’est:

-         un système socio-culturel ouvert en transformation.

-         Elle se développe en traversant un certain nombre de stades qui exigent une restructuration.

-         Elle s’adapte aux changements de circonstances afin de maintenir sa continuité et favoriser la croissance psycho-sociale de chaque membre.

 

 

STRUCTURE DE LA FAMILLE

 

Réseau invisible d’éxigences fonctionnelles qui organise la façon dont intéragissent les membres de la famille.

La répétitions des transactions établit des patterns de comment, quand et avec qui on entre en relation. Ils régulent le comportement des membres de la famille, et sont maintenus par 2 systèmes de contraintes:

a)      les règles universelles et générales (hiérarchie du pouvoir, complémentarité de fonctions,…)

b)      les règles spécifiques (attentes réciproques des membres), dont souvent l’origine se perd dans des années de négociations explicites et implicites.

Le système se maintien de lui-même; il offre une résistance aux changements qui dépasseraient un certain niveau.

La structure de la famille doit être capable de s’adapter quand les circonstances changent. Elle doit être capable de se transformer elle-même.

Le système familial se différencie et s’aquitte de ses fonctions au moyen de sous-systèmes.

Chaque individu appartient à différents sous-systèmes dans lesquels il a différents degrés de pouvoir et dans lesquels il a appris des compétences diférentes (ex: un homme peut être un fils, un neveu, un grand frère, un mari, un père, etc…)

 

Les frontières

Les frontières d’un sous-systèmes sont les règles définissant qui y participe et comment.

La fonction est de protéger la différenciation du système.

Pour un bon fonctionnement familial, les frontières des sous-systèmes doivent être claires.

On appelle les 2 extrêmes : “enchevêtrement” et “désengagement”.

Ces termes se rapportent à un style transactionnel ou à une préférence pour un type d’intéraction, et non à une différence qualitative entre fonctionnel et dysfonctionnel.

Toutefois, fonctionner aux 2 extrêmes indique des zones de pathologie possible.

 

Sous-système conjugal

Il se forme quand deux adultes de sexe opposé s’unissent avec le but déclaré de former une famille.

 

Il a des tâches spécifiques qui demandent des savoir-faire essentiels:

-         la complémentarité et l’adaptation réciproque.

 

Le sous-système conjugal peut devenir un refuge contre les stress externes et la matrice des contacts avec d’autres systèmes sociaux; il peut favoriser l’apprentissage, la créativité et l’épanouissement.

Mais les membres d’un couple peuvent aussi activer les aspects négatifs de l’autre. Un époux peut mettre l’accent sur l’amélioration et le “sauvetage” de l’autre, et ainsi le disqualifier.

Il doit avoir une frontière qui le protège de l’ingérence des demandes et besoins des autres systèmes.

 

Sous-système parental

A la naissance du premier enfant, le sous-système conjugal doit se différencier pour remplir les tâches de socialisation de l’enfant, sans perdre le soutien mutuel.

Il doit exister une frontière qui doit permettre à l’enfant l’accès à ses deux parents tout en l’excluant des fonctions conjugales.

Le sous-système parental doit se modifier pour répondre aux demandes de l’enfant qui grandit ( autonomie et guidance), l’autorité devient souple et rationnelle.

 

Sous-système fraternel

C’est le premier laboratoire de vie sociale. Les enfants se soutiennent, s’isolent, se prennent comme bouc émissaire et apprennent les uns des autres comment négocier, coopérer, rivaliser.

Lorsque les enfants entrent en contact avec le monde des pairs extérieurs, ils apprennent d’autres façons d’entrer en relation, et rapportent ces nouveaux savoir-faire dans le monde de la fratrie.

 

L’adaptation de la famille aux stress

On distingue 4 sources de stress différentes:

 

a)      contact stressant d’UN ou de TOUTE la famille avec des agents extra-familiaux, ex:

-         le mari a du stress au travail, il critique sa femme en rentrant le soir, ce qui provoque

     éloignement, contre-attaque ou dispute, qui se solde par soit une mise au point

     satisfaisante, soit une escalade avec abandon.

-         dépression économique, déménagement, famille transplantée peut avoir des problèmes à s’adapter à la culture dominante.

 

b)      périodes de transition dans l’évolution de la famille, où les conflits surviennent

      inévitablement (négociation des périodes de transition + adaptation = évolution)

 

c)   problémes particuliers, ex: enfant débile, handicap physique, maladie grave, deuil, etc.

 

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