Le regard éloigné de l’ethnologue peut-il éclairer autrement
ce qui se joue dans la clinique du deuil ?

Marika MOISSEEFF
Psychiatre pour adultes & enfants et ethnologue, est chercheur au CNRS rattaché au
Laboratoire d’anthropologie sociale (CNRS – EHESS – Collège de France, Université de
recherche Paris-Sciences-et-lettres).
Sa recherche est consacrée à l’étude des processus de constitution des identités personnelles
et collectives dans les sociétés occidentales contemporaines et en Australie aborigène. Elle a
publié ‘Un long chemin semé d’objets cultuels : le cycle initiatique aranda’ aux Éditions de
l’EHESS et ‘An Aboriginal village in South Australia’ à l’Aboriginal Studies Press, et de
nombreux articles : http://las.ehess.fr/index.php?1755

Mercredi 16 janvier 2019

9h15 à 17h00

Genève

Prix : Fr. 170.00
(paiement avant 14.01.2019 : Fr. 150.00)
Délai d’inscription : 11.01.2019

Vous pouvez vous inscrire directement par e-mail : info[at]institutdelafamille.ch
(Important : n’oubliez pas de mentionner votre nom, prénom, adresse et No téléphone ainsi que le No ou le titre de l’atelier)

Présentation :


L’événement ‘mort’ renvoie d’un point de vue socioculturel à trois types de phénomènes : la présence d’un cadavre ; les réactions émotionnelles des proches du défunt ; le traitement collectif de la perte et de la mortalité humaine. Dans nombre de sociétés étudiées par les ethnologues, l’importance conférée à l’exhibition du cadavre au cours des rites funéraires permet de traiter ensemble ces phénomènes. Dans les sociétés occidentales contemporaines où la gestion du cadavre est confiée aux institutions médicolégales, ils tendent, au contraire, à être traités indépendamment les uns des autres. Les réactions émotionnelles des proches du défunt tendent à être prises en charge à distance de cette présence lourde et abjecte de la décomposition de l’être aimé, notamment au travers des conseils prodigués par les psys en tous genres. Les représentations collectives de la perte et de la mort sont pour leur part devenues omniprésentes dans les médias : elles font la une des journaux papier ou télévisés, constituent la trame de nombreuses fictions littéraires et cinématographiques, de séries télévisées et de témoignages autobiographiques. Cette distinction du traitement de la mort sera présentée à partir de quelques exemples ethnographiques relevant d’aires culturelles non occidentales. Et c’est à partir de ce point de vue éloigné que Marika Moisseeff abordera au cours d’une discussion avec les participants ce qu’on peut en tirer sur le plan de la pratique clinique.

Lectures suggérées :


  • « Setting Free the Son, Setting Free the Widow: Relational Transformation in Arrernte Life-Cycle Rituals (Central Australia) », Anthropological Forum 27 (1) : 34-48. 2017
  • « Le mort, ses proches et les autres : ici et ailleurs » in A. Caiozzo Mythes, rites et émotions, les funérailles le long de la Route de la soie, Honoré Champion : 29-48. 2016
  • « Cadavres et Churinga : des objets cultuels exemplaires ? », Arch. de Sc. soc. des Religions, 174 : 255-278. 201
  • « Requiem pour une morte : Aftermath (Cerdà 1994) ou l’art paradoxal de réhumaniser le cadavre », Techniques & culture (60), 2013/1 : 160-179. 2013
  • « La chair, le sacré et le culte de l’homme dans les sociétés occidentales contemporaines », Revue du MAUSS semestrielle (41) : 173-192. 2013
  • V. Despret, Au bonheur des morts, La découverte, 2015
  • D. Memmi, Faire vivre et laisser mourir : le gouvernement contemporain de la naissance et de la mort, Paris, La Découverte, 2003
  • D. Memmi, La seconde vie des bébés morts, Paris, Éditions de l’EHESS, 2015
  • F. Michaud-Nérard, La révolution de la mort. Vuibert, 2007
  • M. Molinié. Soigner les morts pour guérir les vivants. Le Seuil/Les Empêcheurs de penser en rond, 2006
  • Y. Verdier, Façons de dire, façons de faire. Gallimard, 1979